ITW JLCallens

« Je reste convaincu que la solidarité est quelque chose de très contagieux. »

Jean-Louis CALLENS, Secrétaire général du Secours populaire français

(c) SIMON AGNOLETTI

Secrétaire général du Secours populaire français, responsable de la Fédération du Nord, Secrétaire nationale chargé de l’aide alimentaire pour la France et l’Europe, Jean-Louis Callens est un homme de cœur et de conviction. A quelques jours du concert du 19 juin, cet ancien plombier natif d’Armentières revient sur les fondamentaux du SPF.

Le Secours populaire est né après la Seconde Guerre mondiale dans une période d’espoir. Les motivations sont-elles restées intactes ?

Plus que jamais. Le contexte a changé mais nos idéaux demeurent. On ne peut pas être insensible à la misère quand elle se manifeste tous les jours. Qu’elle ait lieu à l’autre bout du monde ou à deux rues de chez nous, une tragédie humaine reste une tragédie. J’ai pour ma part découvert le Secours populaire en 1973 au moment où le général Pinochet menait son coup d’Etat au Chili.

On peut reprocher une curieuse corrélation entre solidarité et médiatisation. Comme si nous étions davantage sensibles à l’actualité brûlante ?

Les grandes catastrophes ont un effet levier sur la générosité. Le séisme qui vient de frapper le Népal ou le tsunami qui s’est abattu sur les côtes thaïlandaises en 2012 ont immédiatement mobilisé l’aide internationale. C’est une solidarité de spontanéité qui répond à une situation d’urgence exceptionnelle. Je rappelle juste que quand la tornade a meurtri la commune d’Haumont en 2008, chez nous dans l’Avesnois, on n’est pas restés les bras croisés.

Donc, il n’y a pas de montée de l’individualisme ?

Non. Le donateur existe bien. Il donne moins mais son nombre est stable. Il faut juste expliquer à quoi servent les dons. Nous sommes une association d’utilité publique, reconnue Grande cause nationale. Nos actions doivent être transparentes.

Le Nord est-il plus généreux ?

Je me souviens de ce panneau planté au début de l’A1. Quand on venait de Paris, on pouvait lire « Le Nord : terre d’accueil, de travail et de solidarité ». La région a été très prospère grâce à ses hommes qui descendaient dans les mines, à ceux qui faisaient tourner les usines textiles et sidérurgiques. Malgré les crises, la région est restée fidèle à ses valeurs humanistes. Avec 3940 bénévoles et 42 000 donateurs, le SPF Nord est la plus grande section de France.

Vous prônez une aide active. Qu’entendez-vous par-là ?

Le plus important à mes yeux, c’est de se sentir utile. J’ai l’habitude de dire « Au Secours populaire, entrée gratuite, sortie payante ! » Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a rien de plus valorisant que de donner de sa personne, même quand la machine est en panne. C’est d’ailleurs de cette manière qu’on la répare.

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Le SPF fête cette année ses 70 ans. A Lille, vous avez mis l’accent sur la culture. Ça  commence par une grande foire de l’art et deux concerts. Pourquoi ce choix ?

Parce que de nos jours, la culture est la première sacrifiée. La culture n’est pas un besoin de première nécessité comme la nourriture, le logement ou l’habillement. Les concerts du 18 et 19 juin sont une sorte de plaidoyer.

A quoi vont servir les bénéfices des concerts ?

Ils vont permettre à des enfants défavorisés d’aller en vacances à Paris. Cinq entrées, c’est un enfant qui part. Plus il y aura de monde, plus d’enfants seront concernés. La présence des Symphonistes européens, du Chœur de l’Université catholique de Lille et des solistes reconnus illustre notre volonté de montrer du beau.

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Dossier de présentation de Solid’Art 2015

 

Fédération du Nord du Secours populaire français, 18/20, rue Cabanis à Lille. Tél. : 03 20 34 41 41 – www.secourspopulaire.fr/59